Des temps messianniques annoncés

Un nourrisson qui enfonce sa petite main dans le trou d’une vipère, sans aucun dommage, un lion et un boeuf qui mangent ensemble de la paille, voilà qui semble hautement improbable, ou alors il s’agit d’une fable destinée à illustrer une vision idyllique du monde.

Au chapitre 11 du livre du prophète Ésaïe, dans l’Ancien Testament, c’est pourtant une telle vision qui est proposée comme réalisation des temps messianiques nouveaux qui remplaceront un jour la dispensation présente, marquée par l’hostilité et la mort. Lisons ce texte : Le loup séjournera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu’on engraisse seront ensemble, et un petit garçon les conduira.  La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits une même couche ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille.  Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère et l’enfant sevré mettra sa main sur le trou de l’aspic.  Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance de l’Éternel remplira la terre, comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Cette dispensation, proclame le prophète, est en lien direct avec la venue du règne du Messie promis, le descendant de David, sur lequel reposera l’Esprit de l’Éternel : Esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel.

Un nourrisson et une vipère ensemble: crédible ou non?

Alors, tout ceci n’est-il qu’une utopie fantaisiste venant d’une lointaine antiquité, au milieu des innombrables récits et films de dystopie dont nous sommes submergés, et qui ne font que nous décrire une situation contemporaine où la réalité dépasse souvent la fiction en matière de dystopie ? Ce qui frappe en premier lieu, dans ce passage du livre d’Ésaïe, c’est que la mort, le mal, l’hostilité ne sont pas une fatalité, en dépit de tout ce qui semble démontrer le contraire.  Le monde n’est pas voué pour toujours et de manière inéluctable à cette cruauté qu’on observe quotidiennement autour de soi.  Celle-ci ne correspond même pas à la condition initiale du monde, où toutes choses furent créées bonnes, vivant dans une harmonie parfaite, depuis endommagée à tous les niveaux de l’existence.

Je serais tenté de recommander aux pessimistes compulsifs d’aller visionner toutes sortes de vidéos qu’on trouve sur la toile, où l’on voit des animaux censés vivre naturellement en état de compétition et de destruction réciproque, et qui contre toute attente se prennent d’affection les uns pour les autres. On peut aussi y trouver des vidéos surprenantes et émouvantes d’êtres humains établissant des liens affectifs et de confiance avec des animaux réputés dangereux.  Récemment, on a pu voir un reportage sur un petit garçon de 8 ans à peine, s’occupant en toute confiance de serpents et de crocodiles dans un ranch spécialisé, parlant de son rapport avec ces créatures comme de la chose la plus naturelle au monde. Ce sont comme des signes annonciateurs d’une réalité à venir en laquelle il est non seulement permis, mais aussi nécessaire d’espérer, tout en travaillant à son avènement par son propre comportement dans la vie quotidienne.

Au chapitre 21 de l’Apocalypse, dans la vision qu’il a de l’avènement des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, l’auteur écrit : J’entendis une voix qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux.  Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. Celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles.

Pour un article sur le repos dont jouira la terre, voir ici

 

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