Après Daniel de Superville, Jacques Basnage. Né à Rouen en 1653, lui aussi a commencé ses études à l’Académie de Saumur, avant de les poursuivre à Genève puis à Sedan (où se situait une autre académie réformée). D’abord pasteur à Rouen, après la Révocation de l’Édit de Nantes il se réfugia aux Pays-Bas devenant ministre de l’église française de Rotterdam, puis, à partir de 1719, de celle de La Haye. Ayant acquis une réputation de diplomate habile, en 1716 le régent Philippe d’Orléans, envoyant le cardinal Dubois à La Haye pour y négocier un traité d’alliance entre la France, l’Angleterre et la Hollande, lui recommanda de s’adresser à Basnage et de suivre ses avis. La négociation ayant réussi, le régent récompensa Basnage de ses services en lui faisant restituer les biens qu’il avait en France. Il mourut en 1723 à l’âge de soixante et onze ans.
Si pour nous attacher véritablement au Seigneur il nous faut souffrir des persécutions et même des supplices de la part du monde, n’en soyons point ébranlés, et ne laissons pas de persévérer constamment dans sa communion.
Celui qui après sa mort a bien su se ressusciter lui-même, aura bien assez de force pour nous soutenir dans nos maux, pour nous en retirer de la manière qu’il le jugera convenable. Après avoir vaincu la mort, il saura bien guérir nos maladies et bander nos plaies. Après avoir rompu les liens du sépulcre, il saura bien briser les chaînes de nos prisons. Après avoir enlevé le sceau de César apposé à son monument, il saura bien nous garantir des édits des empereurs et des rois. Après avoir renversé toute la puissance de l’enfer, qui croyait l’avoir abattu dans la poussière, il saura bien encore nous soutenir contre tous ses efforts et empêcher ses portes de prévaloir contre nous.
Non, non, Jésus n’a pu être vaincu en sa personne ; il ne pourra pas l’être non plus dans son église, et quoi que les hommes et les démons entreprennent, elle subsistera toujours malgré tous leurs complots et tous leurs attentats. Quand, après lui avoir fait mille plaies, on l’aurait même jetée dans le tombeau, quand même on aurait placé autour d’elle des corps-de-garde pour l’empêcher de se relever ; quand même les Césars auraient employé l’autorité de leurs sceaux pour assurer sa mort et la condamner à des ténèbres éternelles, assurez-vous que Jésus-Christ saurait bien la remettre en vie par son insurmontable puissance, et qu’après quelques jours d’une éclipse semblable à celle qu’il souffrit dans son tombeau, il la ferait reparaître toute rayonnante de lumière aux yeux de l’univers.
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