On ne sait pas grand-chose de Raymond Gaches, né à Castres vers 1615 et mort à Paris en 1668. Après avoir été pasteur dans sa ville natale de 1649 à 1654, sa réputation le fit appeler à Paris où il desservit l’Église de Charenton jusqu’à sa mort, étant devenu le collègue de Jean Daillé et Charles Drelincourt.

Que la doctrine de Jésus-Christ est belle ! Qu’un chrétien qui la suit est un spectacle admirable sur la terre ! Un tel homme est persuadé qu’il a été réconcilié avec Dieu par le sang de Jésus-Christ, et que Dieu est maintenant son protecteur et son père. Il est persuadé qu’il n’y a rien de beau que l’innocence et la charité. Sa maxime est qu’il faut faire du bien à tous. Il est bon père, bon fils, bon mari, bon maître, bon sujet, bon roi, et bon citoyen s’il vit dans une république.

Il a un secret admirable pour faire repentir ses ennemis de l’avoir outragé ; c’est de leur faire du bien, de gagner leur cœur, de les confondre par sa bonté, au lieu de se venger. Il porte une âme intrépide dans les dangers. Il n’a point de cruauté dans les combats ; il ne prend point plaisir à répandre le sang, mais comme il tient son épée de la main du prince, il s’en sert par son ordre, et comme il ne craint pas la mort, il se porte généreusement partout où l’appellent le service du roi et celui de la patrie.

Écoutez-le quand il parle ; vous ne trouverez dans ses discours rien de bas, d’impur et de malséant. S’entretenir avec lui est utile, et vous ne le quitterez jamais sans y avoir profité. Voyez-le agir ; vous ne le verrez jamais tromper personne. Vous trouverez qu’il a acquis légitimement ce qu’il possède, et vous avouerez même qu’il serait dommage que ces biens ne fussent pas entre ses mains, puisqu’il les fait servir au soulagement des malheureux. Sa conversation n’est point chagrine. Il s’y trouve au contraire un air de paix, de douceur et de joie qui se fait sentir à ceux qui ont l’avantage de l’approcher.

Si l’on pouvait pénétrer dans son âme on y verrait régner une tranquillité profonde, une sérénité et un calme que les afflictions ne sauraient interrompre ; on y verrait des sentiments généreux, des pensées charitables, des espérances relevées, et surtout cette paix de Dieu qui surpasse tout sentiment.

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