VOCATION SIGNE ET PROMESSE DE DIEU (2)

 

Nous méditons aujourd’hui sur la nature de l’appel, ou vocation, que Dieu adresse à ses enfants, et sur les signes et les promesses qu’il leur envoie pour confirmer leur vocation.  La dernière fois nous nous sommes penchés sur le récit tiré du troisième chapitre du livre de l’Exode, au cours duquel Dieu appelle Moïse du sein du buisson ardent, l’envoyant vers Pharaon pour délivrer son peuple et amener celui-ci sur sa montagne sainte  pour qu’il lui offre un culte.  La promesse faite par Dieu à Moïse est qu’Il sera avec son serviteur, et le signe donné le suivant :  Ce pour quoi Dieu envoie Moïse, se réalisera, Dieu fera que sa Parole et son plan se réalisent.  Moïse doit l’accepter  d’avance par la foi, il doit se fier totalement en la puissance de Dieu qui renverse tous les obstacles que les hommes peuvent concevoir.

Comment donc être sûrs que Dieu sera avec nous ?  Simplement en comprenant et acceptant les signes qu’Il nous donne et sous lesquels nous sommes appelés à exercer notre mandat.  Il ne s’agit pas des signes que nous-mêmes établissons, ni non plus nécessairement de signes très spectaculaires, il s’agit avant tout des signes qui témoignent de la toute puissance et transcendance de Dieu.  La Bible nous montre que Dieu accorde souvent un signe lorsqu’Il appelle quelqu’un à son service.  Regardez par exemple le récit concernant Gédéon, au sixième chapitre du livre des Juges. Cet homme qui fait partie du peuple de Dieu ne voit autour de lui que l’oppression que les Madianites font subir à son peuple.  L’ange du Seigneur lui apparaît à Ophrah, sous un arbre, et lui dit :  « L’Éternel est avec toi, vaillant héros ».  Gédéon a bien du mal à croire en ces paroles .  « Gédéon lui dit :  Ah ! mon Seigneur, si l’Éternel est avec nous, pourquoi tout cela nous-est-il arrivé ?  Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent quand ils disent :  L’Éternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d’Égypte ?  Maintenant l’Éternel nous abandonne et nous livre entre les mains de Madian ! »  Mais Gédéon a encore plus de mal  à croire à l’appel qu’il reçoit :  « Va avec cette force que tu as, et tu sauveras Israël de la main de Madian ; n’est-ce pas moi qui t’envoie ? » Gédéon connaît les mêmes hésitations que Moïse :  il est le plus petit de sa famille, sa famille est la plus pauvre de toute sa tribu, avec quoi ira-t-il pour combattre les Madianites ?  Le Seigneur répond en répétant sa promesse :  « Mais je serai avec toi et tu battras Madian comme un seul homme ».  Immédiatement, Gédéon demande un signe.  Et quel est le signe donné par Dieu ?  Simplement que l’offrande apportée par Gédéon est acceptée par Dieu.  Après qu’il ait apporté un chevreau et des pains sans levain et les ait mis sur le rocher, selon ce que l’ange de Dieu lui prescrivait de faire,  celui-ci toucha du bout de son bâton la viande et les pains :  immédiatement monta du rocher un feu qui consuma la viande et les pains sans levain.  Ainsi l’offrande apportée par Gédéon était acceptée par Dieu qui avait dit :  « Je serai avec toi ». Le signe était une simple confirmation de la promesse.  Plus tard, Gédéon demanderait encore d’autres signes à Dieu, pour qu’il confirme sa présence, et Dieu lui accorderait ces signes, mais ils ne pouvaient dire davantage que ce premier signe accordé à Gédéon :  Dieu accepte ceux qu’Il appelle, Il est réellement avec eux.

 Un autre exemple frappant dans l’Ancien Testament est celui de Jérémie, appelé avant même qu’il soit né  pour une mission divine de jugement des nations.  Et lorsque Jérémie exprime sa peur, car il est encore un tout jeune homme, le Seigneur Dieu lui répond :  « Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer ».  Et le signe donné au jeune Jérémie est la vision d’une branche d’amandier, vision à laquelle Dieu lui-même fournit l’interprétation correcte :  « Tu as bien vu, car je me hâte d’accomplir ma parole, ou encore  « je veille sur ma parole pour accomplir ce que j’ai dit ».  Ici aussi, tout comme  pour l’appel adressé à Moïse, le signe donné exprime quelque chose de la nature transcendante, c’est-à-dire élevée au-dessus de toutes choses, de Dieu :  son plan est sur le point de s’accomplir, il veillera à ce que son plan s’accomplisse.  Une seconde vision, celle de la marmite bouillonnante, confirme cet accomplissement :  c’est du nord que le malheur éclatera sur tous les habitants du pays. Tout comme pour Moïse, Dieu envoie des signes de destruction après avoir assuré le serviteur qu’il envoie, qu’il sera avec lui, et que son plan se réalisera. 

Trouvons-nous de tels appels suivis de signes et de promesses dans le Nouveau Testament ?  Certainement.  Les dernières paroles de Jésus-Christ à ses disciples, d’après l’Évangile selon Matthieu sont : « Et voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».  Cette promesse n’est pas moins puissante que celles faites à Moïse, Gédéon ou Jérémie.  Mais ici aussi elle est accompagnée d’un appel: « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. »  Si l’Église auquel ce commandement est adressé, faillit à sa mission, elle se prive de la promesse du Seigneur qu’il sera avec elle.  Mais y a-t-il des signes accompagnant cette promesse ?  Oui, en effet, et plus d’un.  Tout d’abord il y a le signe du baptême qui est donné ici, mais aussi les signes du pain et du vin, qui nous donnent l’assurance que Jésus-Christ nous communique véritablement son corps et son sang, manifestant ainsi sa présence spirituelle parmi nous.  Bien sûr ces signes font référence au signe central qui nous est donné dans le Nouveau Testament :  celui de la Croix, sur laquelle Dieu s’est donné lui-même à son Église en la personne de son Fils.  Puis il y a le signe de Pentecôte, promis par Jésus-Christ peu avant son départ de terre :  « Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » .  Le signe de Pentecôte est donné comme une promesse qui va se trouver réalisée sous peu.  Mais notez de nouveau que tout comme dans Matthieu 28, elle accompagne un mandat, un commandement donné à l’Église.  Celle-ci reçoit un pouvoir d’en-haut, non pas pour se glorifier elle-même et tomber dans l’auto-satisfaction, mais pour porter une lutte, un combat, comme c’était le cas pour Moïse, Gédéon et Jérémie.  C’est le combat de  la cause divine, le combat d’une parole destinée à être proclamée jusqu’aux extrémités de la terre dans la foi que Dieu accomplira ce qu’elle annonce.

Sur la requête de ses propres disciples, Jésus avait déjà parlé des signes à venir, par exemple au chapitre 13 de l’Évangile selon Marc :  Dis-nous quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe annonçant la fin de toutes choses ?  Jésus leur donne de nombreux signes clairs :  Signes de destruction, de persécution, de tromperie.  Et pourtant, au milieu de cette série de signes terribles, s’en trouve un qui est en même temps un appel, une vocation :  ils devront témoigner devant rois et  gouverneurs, et, en premier lieu « la bonne nouvelle doit être prêchée à toutes les nations ».  Une promesse suit immédiatement, celle de la présence de l’Esprit de Dieu :  « Quand on vous emmènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d’avance  de ce que vous direz, mais dites ce qui vous sera donné à l’heure même, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint. »  Ici, il se trouve que l’appel adressé est en fait lui-même un des signes, mais nous trouvons cependant la promesse de la présence de Dieu qui lui est attachée.  L’Église fidèle aujourd’hui se trouve dans la même position.  De même que Dieu a mis Sa Parole dans la bouche de Moïse lorsqu’il l’a envoyé vers Pharaon, aujourd’hui l’Esprit de Dieu met sa Parole dans la bouche de l’Église de Christ.  Et lorsque Jésus dit :  «  en premier lieu la bonne nouvelle doit être prêchée à toutes les nations, nous entendons l’écho du chapitre trois du livre de l’Exode, ou du début du livre du prophète Jérémie :  Il en sera ainsi, le plan pour lequel je t’envoie s’accomplira. »  Le Dieu Transcendant ne laisse aucun doute à propos de qui contrôle l’histoire et la mène vers son accomplissement. 

Avons-nous la foi en la promesse qu’Il est avec nous ?  Lisons-nous ses signes de manière adéquate ?  Recevons-nous son appel dans un esprit d’humble soumission ?  Regardons ensemble une dernière série d’exemples qui s’adresse au coeur de la vocation de l’Église aujourd’hui.  Au dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, chapitre 14, Jean, dans la vision qu’il a,  voit l’accomplissement du plan de Dieu lorsque les 144000 élus se trouvent sur la montagne avec l’Agneau de Dieu, Jésus-Christ.  Ils sont tous là, ayant le nom du Père écrit sur leurs fronts.  Ils adorent Dieu sur sa montagne, c’est Dieu lui-même qui les y a amenés, et ils chantent un chant nouveau devant le trône, les quatre créatures vivantes et les anciens.  Un peu auparavant nous avons lu qu’il y a eu des signes, et même des signes effrayants, déployés par la seconde bête.  La marque de la Bête est sur la main et le front de presque tous les hommes.  Mais ceux qui sont destinés à la vie éternelle sont sur la montagne de Sion, et ils chantent un chant nouveau.  Jean voit aussi un autre ange volant au milieu du ciel, ayant à la bouche un Évangile éternel à proclamer à ceux qui sont sur terre, à toute nation, tribu et langue.  Ce ne sont pas seulement des hommes qui proclament l’Évangile.  Dieu manifeste sa présence à son Église en envoyant des anges afin qu’ils amplifient notre propre proclamation.  Dieu est avec son Église lorsqu’elle demeure fidèle.

 Aussi lorsque l’Église réfléchit sur sa vocation, elle devrait toujours prendre garde aux signes que Dieu lui donne, et à la promesse accompagnant l’appel qui lui est adressé.  Car elle travaille sous les auspices du Dieu transcendant.  La vocation de chaque membre de l’Église n’est pas quelque chose d’individuel : rappelez-vous de Moïse lorsqu’il entreprit par lui-même de délivrer son peuple et échoua lamentablement, devant fuir au pays de Madian.  Ce n’est que quarante ans plus tard, que Dieu l’appela sous ses auspices et l’envoya vers Pharaon.  Ainsi, l’Église devrait bien plutôt considérer sa vocation au milieu d’un mouvement cosmique : celui du plan de Dieu se déployant et étant progressivement réalisé.  Car c’est le Seigneur qui est central, et c’est son plan qui se réalise.  La mission de l’Église est justement d’annoncer partout, jusqu’aux confins de la terre, le signe de sa transcendance et de son action rédemptrice.  Cela ne peut être fait qu’avec foi, car autrement il est impossible de proclamer sa souveraineté.  Cette foi repose sur une double promesse :  son plan -pas le nôtre- sera réalisé, et Il sera avec nous.  Les signes de destruction sont visibles et nous entourent constamment ; nous en ferons personnellement l’expérience par toutes sortes d’épreuves.  Mais ils ne devraient pas nous faire oublier le premier et inébranlable signe donné par Dieu à ceux qu’Il appelle :  « Je suis avec toi, je suis ta force ; toi, exécute le mandat pour lequel je t`envoie, car je suis sur le point de l`accomplir. »